Maurice Rouard

La « grangiomanie » me démangeait ; un mail à Mo Ricci dimanche soir m’apprend qu’une sortie est programmée le lendemain même, RV 9h à l’entrée : j’y serai !

Le temps laisse passer quelques rayons de soleil au niveau du Rhône, puis ça se gâte : une averse vers Carpentras et le Ventoux, les monts  qui le suivent puis Luire : tout est bouché bien bas ; la route tourne je vois notre crête côté Lagarde : c’est gris mais assez clair pour espérer éviter de se mouiller.

Les grangionautes sont en général plutôt sénior ; deux périquadragénaires diminuaient ce jour-là la moyenne d’âge générale : en tout il y avait Daniel P, Dominique (la féminine de l’équipe), Mo R, Robert M, Fred (le désobeur-chef), Vincent X, Fernand B et moi-même.

Côté travail de désob, il y a les fracasseurs  et les évacueurs et la rangeurs, en chaîne ; pour ces derniers l’activité est assez répétitive, loin du lieu où opère le maître es-tiges et autres perfos et ses assistants : on récupère un tas de blocs lancés et on les rejette au suivant ; tout au plus peut-on supputer à la vue de la structure des blocs, les difficultés et les terrains rencontrés…

Des blocs petits et gros : la présence d’une « frêle ? » femme aurait pu nous faire espérer un plus raisonnable calibre moyen ; que nenni ! ladite frêle n’en est pas une et nos efforts à l’unisson…

Il faut aussi « ranger » les cailloux : la surface est trop loin pour les y évacuer : un bout de galerie aveugle de quelques mètres fera l’affaire ; je m’y faufile et entreprends de déplacer les blocs qui la jonchent en vrac pour récupérer de la place par un semblant d’organisation des volumes complémentaires ; au bout d’un moment, si ce pas encore et de loin les murs de Chichén Itzá, on y voit plus clair : las, le débit bloqueux ne se ralentit pas et mes efforts sont à recommencer, mais je ne peux à la fois me faufiler et ranger…

Alors la haute marche, au début de la galerie, qui nécessitait l’aide d’une corde, est mise à profit pour une « restanque » artistement initiée par Mo : les suivants sont moins adroits et finalement les derniers blocs jonchent le passage…

Pause repas ; alors on va voir, nous, les tâcherons, qu’est-ce que ça donne au front : ça descend bien, de quelques mètres avec de bonnes parois et des cailloux instables : on flirte avec de la trémie heureusement bien calcifiée, c’est plus propre que je n’avais vu la fois précédente, jetant des cailloux dans les fentes étroites autour d’un gros bloc résiduel, ils dégringolent pas mal avec un petit à-pic direct d’après les sons… Et puis en tapant avec un mini-bloc, il y a une intéressante résonance… et puis on voit qu’on est bien dans le croisement des fractures, avec l’air qui sort, de là et d’ailleurs, il cherche lui la sortie, mais en tout cas, là il est bien présent, ces éléments concourent à justifier nos efforts…

On poursuit en aménagement pour ranger mieux : j’en profite pour aller voir le bassin final : c’est pas très haut comme niveau, même si ce n’est plus les flaques résiduelles d’août… l’après-midi se traîne et la fatigue ce fait sentir, on range et on remonte les uns après les autres…

Pas de pluie à la sortie, 16h 30 – 17h, on part, elle nous rattrapera, violente, après St Trinit : il y a une descente le WE prochain mais elle sera fort humide si elle a lieu… d’ailleurs les projets « Souffleur – la rivière » risquent eux aussi d’être compromis….

TPST : 6h