Henri, Arnaud, Willy, Maurice ; St Hubert 10h passé, les uns ont trouvé une course qui barrait leur chemin d’où un détour, les autres ont rencontré le « Cousteau » du GORS qui leur a donné des nouvelles fraîches de l’aven des Neiges ; derrière des concrétions qui barrent la fracture, il y aurait de l’écho… Mais surtout ceux-là ont oublié la corde de traction…

Ça n’inspire pas l’équipe d’utiliser la corde de descente comme corde de traction. Donc la désob prévue au Grand Adrech est avortée ; à la place « bartasser », mais où ? Le secteur de Javon est envisagé mais ça ne plaît pas à Maurice, on va derrière Sarraud, en contrebas de Savouillon : Arnaud et Willy ont déjà fait la crête et se sont heurtés à des barrières, nous allons faire le flanc rive gauche, au-dessus de la piste.

D’un coup Arnaud plonge dans les fourrés et disparaît, il est parti bartasser ; un peu plus loin je fais de même, et j’abandonne les deux derniers… chacun a ainsi parcouru, monté, descendu en solitaire : le seul avantage dira Henri de retour, c’est que les ronces et salsepareille de nos collines rhodaniennes sont absents, ici seul l’églantier est accrocheur… au bout d’un temps raisonnable de cheminement je redescends à la piste en quête de mes compagnons : n’ayant ni carte ni connaissance des lieux, nous n’avons pas de RV précis.

Au fond du grand vallon, la piste s’en va grimper la rive droite ; mais un petit sentier bien tracé reste sur le flanc : je grimpe à l’estime sans but précis. Puis je hèle « hou-hou ! », un écho faible me répond, un peu plus haut : « ha, on va se retrouver ! », je grimpe encore, me repérant aux appels : une vaste clairière qui fut un champ de lavande, en pente ; j’aperçois... Oui ils sont 2, c’est Arnaud et Willy : « où est Henri ? » s’interroge-t’on ; chacun pensant qu’il était avec les autres… Bon, on casse la croûte, avec quelques « houhou ». Mais le vent souffle vers l’aval et emporte nos appels ; le paysage est vaste et vastes les possibilités de se perdre surtout quelqu’un qui dit qu’il n’a pas le sens de l’orientation et dont le téléphone n’a plus de batteries. On se calme : « il sera retourné à la voiture ». Mes compagnons restent sur place, je vais trotter sur la piste, mais en vue du premier hangar de Savouillon, toujours pas de Henri : on a pu se croiser. Je reviens donc au lieu de pique-nique, mais il n’y est pas. Nous décidons de nous séparer : Arnaud et Willy vont bartasser jusqu’à la crête rocheuse qui nous fait face et reviendrons par là en se tenant au sommet direction la voiture, nous vérifions nos numéros de téléphone ; quant à moi, je reprends la piste jusqu’à la voiture espérant y trouver Henri et nous irons à la rencontre des autres ; effectivement il est là, en position repos ; Cela ne fait qu’un gros quart d’heure qu’il est arrivé. Bon on aurait dû faire des binômes… La voiture va nous rapprocher d’un bon kilomètre de piste. Nous sommes au cœur des bois, sans grande visibilité ; la piste tourne et nous préférons tracer à l’estime, car ce n’est pas une ligne de crête, mais un petit plateau et nous risquons de basculer dans un autre vallon si nous la suivons. Donc on part dans les bois et rapidement nous nous heurtons aux déchets d’une coupe qui a laissé tous les branchages au milieu ; le principe est de regarder au sol tout petit creux susceptible d’abriter une ouverture souterraine, mais là, tout est recouvert : tant bien que mal, nous apercevons la fameuse crête rocheuse et y grimpons ; ça se dégage, il y a moins de déchets : « ho, mais que voilà ! » ; c’est les 2 autres compères, l’équipe est au complet : ils ont fait des combes secondaires, dérapé dans des pentes raides et finalement rejoint le point de RV en peinant.

Nous passons un moment à fureter dans des semblants de lapiaz en faisant attention à ne pas se perdre les un les autres : de là-haut nous apercevons le sud de Sarraud avec des barres rocheuses qui me semblent biens sympathiques : sur les zones d’anciens pâturages, bien des entrées ont dû être obstruées par des bergers, tandis qu’au pied des barres, il y avait moins de risque, et les porches ont été respectés, sinon utilisés ; c’est comme cela qu’ont été trouvées les entrées des multiples cavités du flanc nord du Ventoux, toujours au pied de barres.

Nous allons tenter d’y aller, mais vaut mieux la voiture, nous revenons donc et réussissons à éviter les zones de coupe de parcours si pénible : sentier, puis vieille piste , carrefour, piste puis la voiture qui nous transporte tous 4, à l’incident près qu’une bande de guêpes en furie attaque Willy, qui doit s’enfuir en courant avant de revenir par un détour ! Il a déjà été bien piqué peu avant et n’apprécie pas !

 

Nous reprenons, après un retour vers Sarraud, une nouvelle piste : des rangées de troncs entassés sont alignés prêts à l’embarquement, nous nous avançons jusqu’à un carrefour et posons les véhicules, estimant être bine positionnés par rapport aux barres visées… Là des « aiguiers », bories de pierres sèches abritant un réservoir taillé dans le rocher d'une dalle d'alimentation : on est en tête d’une combe qui descend à St Saturnin (le chemin des aiguiers ?), on visite, on lit les explications des panneaux, et puis on part à l’estime dans ce grand replat vers les barres : d’autres aiguiers, de la forêt, peu de perspectives,  il y a trop de végétation, trop parcouru depuis trop longtemps par trop hommes, peu d’espoir de trouver quelque chose ; nous effectuons un grand tour et revenons à travers bois, avec Henri qui se gausse : « on aurait pu rester sur la piste qu’on a recoupé, elle arrive sûrement aux voitures » ; d’accord mais c’est plus rigolo ici et nous lui assurons reconnaître tel brin d’herbe, telle branche particulière, bien sûr il ne nous crois pas ! mais nous progressons, parfois en zigzag, et rejoignons la piste, à proximité des voitures, assez contents de nous.

C’était notre journée de tourisme vert !

Mais il faisait frais et soif d'avoir tant marché : nous l'avons étanchée à Sault avec des demis et des spéciaux avec additif pour Arnaud et Willy : "poc" ?


 

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