Avec Adrien et Maurice

C'est de la prospection mais c'est en même temps une randonnée dans de vastes espaces..

Notre ambition avec Adrien était d’aller voir un secteur, entre la Pourrachière et les Romanets, où on ne connaît pas de cavité à part peut-être Cassette…

De loin cela ressemble à un plateau, de près c’est creusé de vallons, de petites barres, de multiples obstacles ; il faut savoir lire une carte et interpréter le terrain, voir dans une vague sente le reste d’un chemin bien marqué dont la carte a gardé la mémoire ; et puis ça monte et ça descend plus que prévu : dans cette modeste journée nous avons cumulé plusieurs centaines de m ascendants,

On est venus en principe trouver ou retrouver des entrées inconnues, oubliées ou méconnues ; mais par où commencer ? Nous nous sommes retrouvés à Lagarde, redescendus côté Apt et on s’est garé quelque part sous la Pourrachière.

Démarrage prospection : le bois est dense, on opte pour un chemin qui s’achève à une cabane de chasseurs, de là il faut aller dans le dense : on se sépare, se hélant de temps à autre ; des restanques, des charbonnières, des clapas, rien à faire, ni trou ni rien qui ressemble à un lapiaz.

Repartis dans les caillasses, nous rejoignons un chemin et le suivons jusqu’à une combe étroite et chaotique, le vallon de Bellet : là je monte, Adrien descend : d’un coup un appel « un trou » ! Je le rejoins : trou modeste, vertical, 2 m environ, propre avec ossements ; en amont pincement, un seau encastré dans le remplissage ; en aval jonction de fracture, désobable, pas d’air.

Chacun sort son GPS, on compare, ça colle… thermomètre ; à -2m, il affiche 12,5°C pour 20-21°C ext. à l’ombre, c’est plutôt très chaud par rapport à l’altitude, 940 m.

Pendant que je m’affaire, Adrien est déjà reparti, 20 m plus loin, il s’arrête à nouveau « trou ! » ; plus modeste, 1m de creux ; remesures : Adrien s’est à peine éloigné en aval d’une dizaine de mètres, là il est plus enthousiaste : « y a un puits ! ».

Je m’avance : sur le côté du fond du thalweg, au pied d’une modeste barre, une entrée étroite et allongée dans le sens de la pente, pénétrable : l’entrée était protégée (masquée ?) par de gros blocs. Je m’engage, puis Adrien me remplace, ça descend bien, l’aval s’allonge de quelques mètres ; il annonce 10 m de creux. Le thermomètre à l’entrée indique 12,5°C, encore ; un très faible courant d’air est perceptible… Ces trois cavités, ça fera Bellet 1, Bellet 2 et Bellet 3, ça ressemble à des pertes et le vallon à l’air bien fossile…

Faudra revenir voir de plus près : l’état du seau dans Bellet 1 semble signer un ancien travail de désobstruction…

Nous plions et faisons une incursion encore plus en amont : nouveau chemin ; on s’arrête pour réfléchir au meilleur choix de pentes, de pistes, ou de chemins pour le retour : carte et terrain, divers choix possibles, ça se complique : il nous faut pas mal descendre puis reprendre un espèce de chemin de débardage très pentu, on souffle. Nous repartons plus calmement, faisant un détour sur un beau lapiaz que nous longeons. Après ,nous hésitons entre divers chemin qui se croisent, on termine à l’arrache en traversant tout droit ; ça y est,la route, les voitures sont là, juste un peu plus bas.

Il fait beau, l’air est doux, nous avons des images et des rêves, des projets : très belle journée !