Willy (en pause de la cueillette des prunes), Philippe d'Albertville, en vacances et Maurice, "disponible".

Compte-tenu de la faiblesse numérique de l'équipe, il s'agissait en quelque sorte d'une pointe à... -21.

Nous n'avions vu qu'un petit trou noir, sur une photographie, derrière lequel, forcément, il y avait une suite accessible...

Mais l'homme propose et la nature dispose : après quelques cartouches efficaces, Willy réussit à glisser sa tête dans la lucarne et observe en direct le passage ; l'effet "grand angle" de la prise de vues disparaît et la réalité étroite des lieux se révèle dans toute sa modeste ampleur ; on ne passera pas par là !

Quelque peu abasourdis par la nouvelle, Maurice et Philippe scrutent la lucarne ; le premier, malgré force coups de massette, n'arrive pas à rentrer sa tête (grosse tête ou crâne épais ?), le second ne tente même pas... après quelques atermoiements on replie tout pour remonter au pique-nique sous le soleil qui joue à cache-cache.

Nous avons observé des signes d'une visite : une de nos bougies a été déplacée jusqu'à l'ultime lucarne, certainement pour apprécier le courant d'air...

Palabres ; Philippe multiplie les observations, directions de fracturation : sous terre et visible en surface, la fracture principale du trou est nord-sud, en contrebas sur la piste, un vallon affluent montre qu'il est conditionné sur une importante fracture est-ouest : on observe, il nous raconte la carte géologique.

 

La partie spéléo ainsi raccourcie, Willy nous invite à voir les curiosités qu'ils ont dégotté, Arnaud et lui, au cours de leurs minutieuses prospections dans tout le secteur

; en premier l'Avaloir ; les traces mieux visibles d'un travail humain font pencher pour les restes d'un aiguier, aujourd'hui noyé dans les bois mais qui devait avoir sa place dans l'économie pastorale ancienne. Ensuite il nous emmène vers les crêtes, pas très loin du château d'eau qui domine St Hubert : en contrebas, au milieu de nulle part, une modeste entrée carrée. Cette cavité n'est pas pointée sur la carte et n'est pas citée dans l’inventaire Arhepa. Elle est très curieuse, c'est un effondrement de voûte ; on voit celle-ci en courbe régulière se perdre de tous côtés dans un amoncellement de blocs. Maurice accroupi à une des extrémité de la salle surbaissée, réclame une cigarette (attention, tu es sur la mauvaise pente, tu vas y prendre goût !) et souffle : un léger zéphyr repousse la fumée vers l'extérieur. Vu la dimension des blocs, une désobstruction serait très physique !

Quant au Grand Adrech, nous reviendrons, mais en force (au moins 4) pour poursuivre le courant d'air....