La sortie suivante au Grand Adrech était prévue le dimanche 07/08, puis vendredi 12/08 ; les pluies torrentielles de dimanche nous ont dissuadé et la deuxième échéance lui paraissant lointaine, Maurice appelle Willy pour le mercredi 10/08 : ils discutent qu'à 2 c'est possible mais bonjour la galère... mais après divers contacts, Tommy vient, il emmène un ami, Romain, venu prêter main-forte (ils ont bien assuré leur mission à la corde à tirer des bacs) et le copain d'Albertville, Philippe, (qui est venu au moins à une sortie, l'Agas) se joint à nous...

Dans le CR de la dernière sortie au GA, "on ne baisse pas les bras", Will indiquait qu'ils avaient entrepris de vider le fond de la "2ème bulle" ;  pour prolonger cette option, on a chanté un moment "la gadoue ! la gadoue !" en commentant les diverses colorations et les consistances rencontrées, quelques plaques de calcite ça et là racontant une histoire d'eau...

On se relaie, le "fond" commence à être lointain et l'extraction des seaux autant que des spéléologues fatigués devient presque une épreuve : en bas, on se met à 3 pour se faire passer les paquets boueux via un petit seau, qu'on a du mal à vider dans les bacs, ça colle : tirez ! crie-t-on pour réveiller les haleurs (la chance d'être 5, ça facilite). Et puis à l'occasion d'un passage de témoin, Maurice dans la bulle au volume confortable, après quelques seaux péniblement remontés à bout de bras observe les coups de sonde de Philippe cherchant à savoir s'il y a du vide sous le remplissage ; puis revient à la possibilité d'un courant d'air qui sortirait d'un modeste pont rocheux, qui avait occasionné le commentaire "centimétrique" dans le CR du 31/07 ; le courant d'air est bien là : la décision jaillit "y faut le péter" ; Willy y avait déjà introduit l’œil indiscret de son appareil photo, à bout de bras, tenté d'avoir une échelle avec une boîte de conserve, mais ce n'était pas ça ; il récidivera avec un meilleur succès.

Bon pour l'instant on va régler la question à la cartouche, ce sera pour l'après-midi, car les estomacs crient famine, on a commencé tôt et il n'est pas loin de 13h nous signalent Tommy et Romain...

Après de rapides agapes, on enfourne tout l'impédimenta dans les kits, on descend toutes les protections, les tiges etc. ; Willy nous place une long forage dans l'axe du fameux pont, 5 cartouches, ça va péter ! tape, tape, tape, la tige s'enfonce, mais toujours pas de boum... bon, on améliore l'accès à la tige en "pétant" au-dessus ; il va falloir attendre la fin de l'après-midi après divers redressages, choix minutieux des protections, mise en place vérifiée de l'extrémité de la tige dans le trou chargé et en peu de "tap", éclatent  bruyamment les 5 cartouches ; après dissipation des brumes vespérales, Philippe dégringole jusqu'au lieu du délit : Willy remonté en surface appelle, on lui confirme à tue-tête : "ça a super marché !". Feu le pont rocheux. Des blocs jonchent la bulle : après les multiples dégagements des instabilités introduites par le tir, je peux introduire mon visage dans la modeste lucarne ; "waouh !" : vue limitée, mais c'est tout propre derrière et passable : plus d'un mètre de haut, à vue d’œil 50 cm de large au moins , une branche  se rétrécissant monte vers la lucarne dans le puits, à 3 m du fond ; je ne peux voir à droite, mais l'appareil de Willy à révélé qu'à 1 m environ, un petit rond tout noir nous attend....

La prochaine séance sera consacrée à l'atteindre ; la configuration des lieux n'est pas propice aux cartouches, c'est trop exigu et exposé... On fera de l'éclateur et éventuellement on étudiera un moyen approprié.

Nota : le passage entrevu revient vers l'axe du puits, contredisant la prophétie du pendule... alors à défaut du P40, certains ont fait 2 fois le P20 !