Exploration au Caladaïre ; 1-3 juillet 2011

Avec, David, Flavien, Bertrand, Adrien, Olivier, Aurore, Roland, Maurice, Alain, Nathalie, Patrick, Arnaud, Willy je n’ai pas tous les noms…

C’était une co-organisation SSA-ASM-GSBM ; pas moins de 14 personnes se sont retrouvées ou sont passées au camp installé en contrebas de la ferme de l’Obœuf à 5 min de l’entrée du gouffre ; des compétences multiples et complémentaires, du matériel mis en commun et surtout une attention réciproque des uns aux autres, solidaires, une équipe quoi !

Caladaïre1 ! un nom, une légende, une histoire, une mémoire… L’émotion était présente, différente pour chacun : celui ou celle qui appréhendait soit la descente soit la remontée, soit l’ampleur de la cavité : si le stress est trop fort, la manœuvre devient brusquée et on se « grille » sur un passage, c’est la faute… là le voisin arrive en renfort, remet le bloqueur, raccroche (ou décroche) un kit encombrant, une pédale égarée ou tend une longe secourable ou enfin signale, poliment, au sommet du P93, à la personne « étourdie » ( ?) qu’il est préférable de se longer…

Le site possède une atmosphère particulière ; je ne sais pas si c’est la proximité de la grande cavité et ce qu’elle porte pour moi des profondeurs de ma mémoire… en tout cas ce vendredi soir, fraicheur du vent, abrités derrière un muret de pierres sèches, calés sur de grosses pierres, à la lumière chaude d’un acéto, Bertrand, Adrien, Maurice savourent avec Olivier et Aurore, qui l’ont concoctée, une « pasta » délicieuse et bienvenue… moment précieux… avant d’aller dormir en tente ou dans les voitures ; le lendemain Roland fera le bivouac aux étoiles…

La spéléo ; 3 étapes étaient prévues, équipement des 2 (3 en fait) premiers puits vendredi en soirée, puis le lendemain descente « au plus profond » (-400m mini était prévu, qui s’est avéré trop ambitieux eu égard en particulier à l’état moyen de la troupe) tandis qu’une autre équipe, partie après, allait s’arrêter un puits au-delà du P93, record personnel pour Aurore vers -170m.

Le vendredi soir l’équipe prévue s’est trouvée rétrécie, Maurice, parti plus tard que prévu s’est égaré entre les diverses pistes, avant de trouver la bonne 1/2h plus tard ! juste le temps d’apercevoir à la lèvre du puits Adrien et Bertrand qui ne l’attendaient plus et s’engagent, munis de la corde d’entrée et d’une des 2 cordes de 100m « en 10 » fournie par Alain, ils avaient un peu zappé le petit puits de jonction, ce qui a raccourci la manœuvre et leur a permis d’arriver assez tôt pour que la « pasta » soit encore chaude…

Le samedi, les campeurs sont levés, tout les autres arrivent avant le RV prévu 10h, Alain, avec son 4x4 approche les nombreux kits et l’équipe « du fond » s’engage vers les 11h, Adrien, Bertrand et David se coordonnent pour l’équipement ; tout le monde a un kit, correct dans l’ensemble, les équipeurs un peu plus lourd ; on s’allège de plusieurs bouteilles d’eau avant la diaclase à crans ; Flavien et Olivier s’attardent derrière espérant voir leurs Dames, mais elles sont encore loin… L’équipement n’est pas évident dans la diaclase à crans et les équipeurs se commentent ; il y a des broches « cinquantenaires », des spits mono et des passages étroits qui seront un peu difficile à la remontée, en tous cas pour certains, vrais travailleurs, plus fatigués, moins entraînés, sortant d’examen, ou ayant nettement dépassé 35 ans !…

Il y avait un peu d’eau qui courrait, jusqu’à la salle à manger -220 où la traversée de cascatelles nous mouille : puis c’est la tyrolienne, le doublement des équipements en place bouffe de la corde, passage un peu physique qui demande de réfléchir avant de se jeter ! Enfin, encore puits qui va en s’élargissant et c’est l’escalade, la traversée et la redescente sur le Camp, -320 m, pause on bouffe… deux, partis voir la suite reviennent vite, annonçant « un passage très boueux liquide on voit des traces très enfoncées… et c’est par encore la galerie d’argile ? ». Réflexions peu enthousiastes, discussion sur la nécessité d’aller se mettre minables ; mais la Raison l’emporte : « Adrien, il faut que tu inscrives un -350, on y va ! »… Les « entraînés » s’engagent, les autres mouillés plus de sueur que d’eau reçue, s’étant refroidis, leur emboîtent le pas ; traversée de bassins de boue liquide, remontée sur des talus itou, descente de plusieurs crans, en direct pour certain heureusement la boue etc. Corde utile pour plusieurs… Enfin ça s’élargit, corde pour escalade, échelle en place pour descendre, large seuil : « stop c’est le P20, on n’ira pas plus loin annonce Bertrand », -360 environ (d’après la topo). Olivier, calé quelques m au-dessus, à l’annonce, fait demi-tour sans attendre, nous le suivons… Et c’est là qu’on voit les dégâts de la boue ; bloqueurs qui débloquent, poignées qui glissent, cordes « pastissées », les pantins englués dans la boue ramenée avec les chaussures ; il faudra divers moyens dont un brosse trouvée par Adrien, pour commencer à nettoyer : certain va jusqu’à suçoter l’axe du pantin pour extraire le max qui empêche la gâchette de jouer correctement… Bref une lente remontée, les plus lents devant, le passage des kits… quelques instants de tension à la Diaclase à Crans, souci, mais l’assistance fonctionne ! Puis le dernier ressaut, ça s’enchaîne, plus ou moins rapidement ; Adrien, au titre de préparation BE, se retrouve doublement lesté dans le P63 ; c’est dur mais il s’accroche !

Dehors, les sorties s’échelonnent entre 1h et 2h du matin, soit entre 13 et 14h d’explo. On se déharnache, se change, un dernier café et dodo.

Le lendemain, Arnaud et Willy débarquent en fin de matinée pour aller sortir la dernière ligne P63 – P6 – P93 ; pique-nique, puis dispersion ; les mêmes avec Maurice, passage au GA voir la dernière avancée : il faudra encore élargir…

Retour prudent, ensommeillé je m’arrête pour roupiller ¼ d’h. Lundi chacun compte les coups et la fatigue : fin au bord du Gardon lundi après-midi à laver le matos… et une dernière bière chez David : à 17h ce n’est pas le meilleur moyen d’être bien éveillé sur la route, en tout cas pour moi.

Une très belle sortie dans une très belle cavité qui mériterait néanmoins un certain nettoyage…

1 prière de respecter la prononciation et l’accent tonique, ce n’est ni « Canadair », ni « Caladère » mais plus près de « Caladaillre » accentué sur le son « Ail » - signé : le provençal de service

 

 

 

 

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