David Dachicourt, Maurice Rouard

Débat RV primaire ; Vallérargues ou Connaux, qui gagna 1-0.

9h15, j’embarque dans le véhicule de David, Bagnols, Pont, la route touristique des gorges. Gournier Ah, c’est là. La route est barrée, bon on charge les sacs et descend la piste bétonnée, virage, la sente discrète est là qui chemine à flanc : David contemple les falaises d’un œil connaisseur : m’étonnerait qu’il n’y ait pas de voie tracée.. Pourtant pas de trace : les différentes directives européennes, les zones biologiques et autres auraient-elles sévi ?

L’Ardèche tout en bas, roule des flots tourmentés : elle est grosse des récentes pluies.

Pied des falaises, un peu plus loin le porche s’ouvre : on s’équipe, David spécialement chargé, puisque non seulement il s’équipe mais il va équiper : passée la zone d’entrée une chatière nous absorbe pour nous recracher dans une grande salle très concrétionnée. Mais qu’il fait chaud ! nous annonçons officiellement que le réchauffement climatique vient de toucher l’Ardèche !

Lla cavité a été choisie pour sa profondeur significative mais limitée (-157) et surtout ses 3 puits à fractionner au max : le P28 nécessite 55 m de corde, le P40 70 m et le P60, 100 m. Plus de 20 amarrages nécessaires, plus sangles, dynema et autres as. Le chois de spit est multiple, le revêtement stalagmitique omniprésent, et David doit recourir à des mix stalagmite – spit ou stalactite seule trop belle pour être vraie que je m’empresse derrière lui de doubler… Bref ce fut plutôt long, d’autant que les 60 m ne suffirent pas au P40 ; passage de nœud et 72 m (en corde) plus loin on ne touche pas tout à fait au sol…

Le P60 est remarquable : une fois franchi l’entonnoir gadouilleux qui le relie au sommet du p55, un corridor en quelques décrochements, nous emmène devant le grand vide cylindrique : d’immenses pendeloques s’illuminent à la Scurion, je n’arriverai pas à bien les voir avec mes pauvres dels de base.

On a de la corde de 8 mm : Ah que j’aime pas ça !

Bout de la 100 m. Arrivée dans la salle, on va pouvoir grailler, on a la dalle ! Mais quand même on furète, ici un boyau, l’étroiture sera pour une autre fois : une corde fixe descend un passage inconnu qui le restera… De belles concrétions, et au bout, de la gadoue et un passage bas qui pourrait correspondre à celui de la jonction avec Midroï. Je ne fais que regarder accroupi : David, lui, s’y engage pour voir, en fait pour s’empastisser d’argile : comme il y a en a encore à divers points de la remontée, je lui fait remarquer que tout glisse : il me dit que depuis tout à l’heure il a comme un vague sensation d’être un motte de beurre !

J’entame la remontée, tranquille : des vagues de Scurion balaient de temps à autre l’espace vaste des puits.

Les sacs s’alourdissant je propose à David au dernier puits de mieux répartir les poids ; j’échange mon sac contenant quelques impédimenta contre le kit de la 100 m : là on est content de savoir ce diamètre ; n’empêche j’étais avec mon gros paquet : ça vous change un homme un « vrai kit » ! et les passages de fractio aussi…

Retour au jour et au porche ; de grands lambeaux de brume étouffent le paysage ; atmosphère spéciale ; les brumes s’ouvrent et se ferment dévoilant là un flanc boisé, là une falaise, là encore un morceau d’Ardèche : les gris et les verts sombres se répondent ; nous nous attardons un instant à les contempler…

Arrivés au véhicule, ouf ! c’était bien lourd… 17h30 nous repartons.

tpst 5h