Ici le CR et les photos de Pierre avec l'EDSC 30

Participants : Alain, Thierry – Patrick, Jacques.

Les 2 premiers sont partis vers 10h00 pour continuer l’escalade du p.70(?). Nous rentrons le samedi 12 à 12h30 sous 1 soleil fort agréable. Nous avons comme objectif de ranger le point chaud installé à la sortie du méandre, topoter du bas du p.50 au terminus actuel et éventuellement rééquiper les p.50… Je remarque à l’entrée l’engorgement des 1ers passages étroits, dû à la trémie qui a l’air de s’ébouler de + en +. Etant donné que rien n’est fait pour purger cette évolution naturelle et humaine, ça se rempli de + en +, jusqu’à une prochaine obstruction qui peut apporter son lot de désagrément. Dans la descente, nous remarquons que des vieux spits(au moins deux. 1 au départ des 3 Agénors et 1 à la tête de l’Anaconda) sont « HS ».

Ces 2 fractionnements fragilisés ont été renforcés par 1 doublement d’amarrage. Ces 2 points sont à revoir(changer les spits ou l’équipement). A -200, nous mangeons et buvons, et passons dans le méandre pour un cheminement sinueux de prés de 600m et d’au moins 2 heures. Notre rythme est lent. Patrick s’adapte à cette cadence qui m’est devenue habituelle, et puis il s’est écrasé 1 doigt dernièrement, alors la douleur est là qui ralenti aussi…

Certains passages ont changés de niveau par rapport à ce que je connaissais déjà(+ larges) et puis, des « arrangements » à coups de massettes ont été réalisés. Les zones de remontées ou de descentes 1 peu « osées » ont été sécurisées et c’est tant mieux(il manque peut être qlq approches de ces lieux à risques à rajouter)… Nous en profitons pour « nettoyer » qlq portions encombrées de rognons en équilibre, casser qlq « lames accrochantes »… Les « étroitures clés » obligées sont toujours là, et heureusement que le matériel de progression est enlevé, ça glisse mieux.

Le cheminement dans ce couloir se fait vraiment dans tous les types : montées, descentes, allongé, debout, en opposition, sur les fesses, les genoux, les coudes. D’ailleurs, dans l’avancée à l’égyptienne, qui en est un très utilisé, il faut penser à changer de côté sinon la tête peut restée dans l’angle adopté unilatéralement, les jours suivants… La sortie du méandre est surprenante. Un paysage de coulées stalagmitique accueille l’arrivant de manière majestueuse. C’est sûr, par rapport aux 2 heures passées dans parcours + que sportif, le changement d’ambiance, de volume, de décors est flagrant(quand ont s’y arrête 1 peu, bien sûr). Une colonne d’un ton clair, de 3/4m. de diamètre, tombe du plafond pour raccorder sur une vingtaine de mètre avec le sol. Une arrivée paraît exister là-haut. A voir + tard…

Les formes arrondies des coulées de calcite, donnent un goût paisible et lisse à ce nouvel espace. Ce paysage féérique comporte aussi des gours que l’eau vient remplir avant de continuer son cours vers le méandre. Des petits rognons de silex ressemblent à des bijoux polis, brillants, gris/noirs/blancs, il y en a partout dans ce vaste corridor menant au bas du P.50. Nous rangeons le point chaud et allons à proximité du puits pour manger et boire un bon thé chaud au miel. Le courant d’air ne peut être ignoré. Il arrive par le puits. Le trou à cet endroit aspire.

Le froid est là aussi qui commence à figer mes muscles et articulations. J’attrape la polaire d’Olivier et l’enfile, je mets ma cagoule en soie. La chaleur revient. Je réalise combien mon corps a été sollicité dans ce méandre aux proportions souvent inhumaines. Patrick, lui a son poncho. Il en profite pour ranger le matériel du point chaud, pendant que je fais chauffer l’eau pour le thé. Nous entendons des voix. Thierry et Alain redescendent. Ils nous disent qu’ils ont gravi une vingtaine de mètres de plus dans le P.70. Restent donc à peu prés 30 mètres pour atteindre la suite… Ils disent avoir vu une grosse mouche aux yeux rouges et des moustiques morts sur la paroi !! La sortie serait-elle proche ? Après concertation, ils vont ressortir. Leur tâche est accomplie. Avec Patrick, nous décidons de ranger les affaires restant ici(nourriture, matériel point chaud), de faire qlq photos et, renonçons à faire la topo et rééquiper le P.50. Ma condition physique étant arrivée au bout du petit potentiel existant, il est préférable de jouer la carte de sortie. Le retour sera laborieux pour moi. Je peux constater que ce type d’exploration « poussée » dépasse mes moyens physiques.

Nous sortons à 7h00 dimanche 13 février 2011. La gelée à recouvert toute la surface au dehors. Le jour commence à apparaître et très rapidement j’enlève le matériel mouillé qui commence à se rigidifier, avec mon corps d’ailleurs. Ma voiture ne veut pas démarrer. Ce froid a aussi figé le moteur… Cette sortie de 18h30 va rester dans ma mémoire, car elle sera sans doute la dernière que j’aurais vécu intensément aussi bien physiquement que psychologiquement. Je remercie Patrick qui, avec son accompagnement attentionné a été si prévenant et aidant. Je souhaite une belle continuation aux explorateurs/trices, qui auront la capacité et le courage d’aller au-delà du terminus actuel…

{morfeo 86}