CR sortie désob à l’aven de l’Adrech (commune de Monnnieux)

Arnaud Dillies GORS, Willy Kruger ASM, Maurice Rouard GSBM ; avec en vedettes américaines, Loufi, « Cousteau » et Jean-Louis, du GORS

Dès la sortie à l’Emine, Arnaud et Willy vont faire un tour à l’Adrech et à un « effondrement » et annoncent qu’ils vont attaquer sa désobstruction, m’invitant à venir ; pourquoi l’Adrech ? parce qu’on a senti un courant d’air et puis il y a l’effondrement !

Sans plus de conviction, je me rends à cet aven ce dimanche-là, non sans quelques errements d’itinéraire qui m’amenèrent en début d’après-midi au bord de la piste du Grand Adrech et à l’aven du même nom : une chèvre légère, des cordes de tractage, un tube en travers et la corde de descente : des bougies sont installées au fond on croirait qu’ils sont plusieurs, vu du haut…

Ho-hisse, ho-hisse ! de gros paquets de terre remontent ; las la chèvre qui n’est que chevrette, bascule, on tente de l’amarrer, peine perdue : il faut rester bien dans l’axe et les seaux sont lourds : on passe aux cailloux ; et tout ça est plein d’os, de plus en plus plein d’os : Evelyne sera contente !

Le jour s’allonge ; il a fallu aux copains, d’abord passer un bon moment à nettoyer le puits de multiples pierres instables, caler la chèvre, trouver le bon équipement ; enfin tout est à peu en ordre, à la chèvre près, pour les fois suivantes.

Le temps est particulièrement doux et propice plus au farniente qu’à la manœuvre lourde ; on discute : le GORS a trouvé une suite aux Pépettes, ils sont dans un méandre, quelque part à -180, on y était invités disent-ils… Et le Souffleur, remonter 50 m ! « ils pouvaient buter sur une trémie ! ». « Hé bien non, c’est encore plus gros et plus haut ! ». Je raconte la saga depuis le départ 25 ans bientôt, la même équipe avec ceux qui s’éloignent ceux qui s’ajoutent, les nouveaux... C’est un peu l’interrogation de toute désob ou découverte ou recherche de passage ; qu’y a-t-il après ?

Alors que nous étions en train de plier, deux 4x4 déboulent : c’est les copains qui sont sortis des Pépettes, présentations, Loufi, bien sûr, Jean-Claude dit Cousteau (cf. bonnet rouge) et un 2ème Jean-Louis ; on tape la discute, partage une bière… La suite aux Pépettes serait très étroite ; et là ? coup d’œil en connaisseurs sur la chèvre, une moue… Puis voilà Loufi qui se met à arpenter le chemin : que lui arrive-t-il ? : il trace des traits au sol, pose des cailloux ici et là ; ha oui en mains il a un pendule : et nous explique que là à 4 m, on sera à -30, c’est déjà large et environ 10 m plus loin, -60 et c’est du gros : j’interroge « tu perçois les parois ou le vide ? » ; je ne suis pas sûr que le diagnostic soit engageant côté remplissages, mais d’avoir la topo déjà schématisée, ça encourage !

Il faut bien qu’on ait de multiples raisons des tirer ses sacrés seaux !

En fait un intérêt plus visible, c’est que c’est une perte active du vallon : s’il y a de l’eau qui coule, on voit bien qu’elle se jette dans l’aven, celui est construit sur une faille à peu près dans l’axe du vallon, une fois gommées quelques ondulations de la piste, et c’est bien la même direction que celle qu’a tracée Loufi.

On a fini ou presque : les visiteurs repartent.

Et l’effondrement ? par là à 200m en amont : c’est un « avaloir » : muni de ces mots barbares nous traçons dans les buis, et ô surprise, c’est un aven bouché. Plus précisément une ancienne perte ; entre 2 mini-barres, un entonnoir qui se termine en contrebas en une entrée diamètre 2 m quasi parfaitement circulaire. Le rebord en est arrondi évoquant un déversoir, un mètre plus bas le fond est rempli d’une sorte de sable. Le site est dissymétrique, côté amont une pente douce, comme le reste d’un vallonnement et en aval c’est plus abrupt et plus haut au-delà de l’entrée.

0Je m’exclame : « remarquable ! oui c’est ça : tout simplement remarquable ! ». « Là tu as compris pourquoi on voulait creuser ? » me répondent-ils. Ah oui : une ancienne perte d’avant le creusement du vallon, 30 m plus bas et 200 m plus loin, une perte temporaire certes mais bien actuelle. Et pas d’autres phénomènes karstiques à proximité….

Le WE prochain il y aura encore une opération « Adrech »…

Un regard plus géologique serait utile pour interpréter avec les fractures locales et les grands axes affectant le plateau en continuité avec l’ensemble « Ventoux » : mais en définitive c’est la réalité qui a raison ; et cette cavité, nous allons la faire parler !