Participants : Bertrand et Maurice (rédacteur)

 

Avant même que l’Agas ne fut consommée, Bertrand me propose les Espélugues (ou luques, c’est selon) : « pourquoi pas ? » réponds-je, « on en parle demain ». Le soir même de ce demain, vers 22h -heure de retour de Méjannes- il me dit « demain 10h Dions? »... « heu, d’accord ! », sachant bien que la nuit serait courte et puis ce sera la dernière sortie de l’année 2010.>Bon, Espélugues ; c’est pas grand chose (quoique !), une curiosité ; le panneau indique fièrement « NOTRE gouffre est plus vaste que les arènes de Nîmes » ! Et c’est vrai que le tour complet de l’immense cavité (dimensions indiquées 150 x 110 m d’ouverture) prend au moins10 minutes >

 

">A l’intérieur : un bois de micocouliers, des fougères, des plantes d’humidité et s’il y a bien une paroi verticale autorisant une belle descente plein vide de 50 m, il y a aussi de multiples chemins de descente, parfois bien raides, et garnis de feuilles mortes détrempées ou des dalles humides ; l’occasion pour l’un d’entre nous, dont nous tairons le nom, d’une chute à plat puis ensuite une descente directe dans une ravine, heureusement peu profonde. Même pas peur ! Et puis aussi une amorce de via ferrata –sans câble, à faire en technique escalade encordé, une haute vire équipée en traversée ; enfin le départ vertical de 2 réseaux aux 2 extrémités pour lesquels je n’avais pas d’info. Plus une petite grotte haut-perchée, qui va se rétrécissant : nous la laisserons aux très étroits intéressés.

 

Donc outre le caractère exceptionnel du site et sa visite, la motivation était d’aller voir de plus près les parties verticales ; sur le panneau d’information installé au sol, nous apprenons que l’ouverture côté sud est « l’aven dans l’aven » puisqu’il se nomme aven du Crapaud et pas réseau du Crapaud… Bref et quelques spits plu loin nous avons descendu un puits d’une vingtaine de m de profondeur, formé aux dépens d’un fracture très nettement visible : magnifique cylindre, puis pinçant dans le très haut plafond, dans la partie inférieure, les parois sont polies (érosion remontante ?) ; la fracture se prolonge par une cheminée très argileuse que Bertrand n’a pas cherché à remonter jusqu’en haut : une vaste ouverture est visible en décalé par rapport à la faille tout en haut : une ligne de spit montre qu’on peut l’atteindre depuis le haut. Deux chauves-souris accrochées sous un rebord. Belle cavité si l’on excepte les multiples déchets, bouteilles en verre, ferrailles, pneu…

 

A l’autre fracture verticale maintenant on continue la descente à travers bois et atteint: la vaste salle du fond : elle résonne de cascatelles multiples ; contrairement à ce qu’indique le panneau à l’extérieur, les eaux de pluie ne nettoient pas la cavité : sans précautions on pataugerait dans la bouillasse, on arrive non sans déraper à l’extrémité de la salle, au pied de l’escalade modeste, 3 m plus haut, trouvé le spit de départ, étroiture, redressement, seuil à franchir ; vieux piton, utilisé, puis un spit avec pseudo déviateur ; un redan à 4 m, bout de galerie, 2 m plus bas fin du trou, niveau d’eau et fond d’argile liquide, parois tapissées de dépôt ; je ne pose pas pied à terre et nous ressortons sans traîner.

 

J’ai équipé les descentes et Bertrand a complété et déséquipé.

 

Modeste mais pittoresque sortie apéritive avant le réveillon ! Temps passé sous le niveau de surface : 4h.

 

Bibliographie existante à rechercher : Y. Maurin et M. Wienin « le gouffre des Espéluques » C. Latour éd. 1992

le Spelunque de Dions (Gard), de Félix Mazauric (et Gustave Cabanes pour la botanique)

Mémoires de la société de spéléologie. (février 1896)