Nous avons partagé les gîtes de Hyelzas avec l’équipe ESF menée par Rémy Limagne. Nous avons convenu de « mixer » les équipes afin de faciliter des rencontres et des échanges ; après avoir accueilli Mathis comme débutant à Vallongue et leur avoir confié Céline à l’aven Des Avens c’était mon tour de partager avec un eux une exploration.

C’est au pied du Causse de Sauveterre que se cache cette cavité ; en plus elle abrite une rivière souterraine. Deux arguments : en effet j’avais observé à Ste Enimie, fasciné, les puissantes exsurgences d’eau claire qui sortaient du flanc de ce causse. Et rêvé aux majestueuses galeries ou coulaient leur circulation souterraines. Parcourant la surface en VTT, j’observais les multiples dolines et imaginait les nombreuses cavités existantes ou à découvrir.

Donc nous voilà partis, Rémy et son fils Grégoire, Isabelle, Mathis et moi pour le village des Vignes où

nous avons RV aux poubelles (sic). Là nous retrouvons Laurent Prodeau qui nous assurera de trouver la rivière -Rémi n’y est pas encore parvenu malgré plusieurs visites, c’est dire s’il y a des carrefours multiples-, deux moniteurs Franck et Thomas et leurs stagiaires adolescents. Le chemin de montée est assez raide et il faut éviter de s’égarer : nous parvenons à une entrée qui ressemble plus à une porte de cave : en fait il y avait eu un projet, avorté, de l’aménager pour des visites d’où quelques restes.

Les moniteurs partent équiper la main courante, un ressaut et un puits, nous patientons : nous sommes invités à partir en premier ; au bas des puits, rapidement il faut s’accroupir sinon ramper pendant un bon moment : peu de passages très étroits et pas mal de glissades permettent de déboucher moyennant quelques bouts de cordes minimalistes pour un ressaut ou la traversée perchée au-dessus de profonds bassins, sur de plus grandes galeries, chaotiques ; quelques mouvement simples d’oppo se compliquent dans des remontées, puis des désescalades qui m’ont impressionnées ; ce d’autant que Laurent nous signale les « chailles » cassantes sur lesquelles il ne faut surtout pas s’appuyer ; la couleur claire du calcaire sain permettant de le distinguer des chailles noirâtres ; quelques bassins nous obligent à une immersion limitée. Enfin nous débouchons dans la Grande Galerie : sur une grande dalle, nous casse-croûtons et vidons soigneusement les bottes !

Cette galerie permet de rejoindre la convoitée rivière, dont annonce Luc-Henri Fage dans son ouvrage sur les Causses, nous devrions entendre le « mugissement » (bigre !) ; nous avançons vers l’aval ; en effet un grondement se fait entendre de mieux en mieux : nous atteignons le puits Fabian, vaste, qui atteint la rivière dont le parcours est là trop violent pour une visite…. retour à la recherche du « shunt » pour la rivière : Laurent laisse Rémy le découvrir entre les blocs : P6, les baudriers sont abandonnés au pied, nous n’en avons plus besoin.

Une nouvelle série de passages resserrés nous attend, descentes ollé, l’eau le grondement ! Ah ! « démesure, puissance des éléments » écrit Marc Sahuquet dans un CR de plongée au Coutal. C’est tout à fait ça. D’un vaste bassin surgit fracassant les blocs amoncelés surgit la puissance de l’eau vive que l’on peut parcourir jusqu’à ce que le chaos se referme sur le chemin de l’eau. Vers l’amont il faudrait nager ; Laurent reconnaît qu’il ne sait pas ! Puis il décrète qu’il y a une cascade qu’il ne connaît pas encore ; pareils à deux écureuils Rémy et Laurent s’envolent dans les plafonds chaillés et reviennent nous chercher : par des passages au-dessus de blocs et autres enjambées, nous retrouvons la rivière et la fameuse cascade, majestueuse et mugissante – estimation 150 l/s mini. Nous restons un moment là, à contempler, rien à dire les efforts, obligatoires, en valaient la peine (est-ce que la beauté rejointe aisément le serait moins ?). Satisfaits et mouillés nous ressortons non sans avoir rencontré l’autre équipe. Les passages délicats sont franchis sans encombre : le dernier, où pendouille une maigre corde à nœuds demande de l’attention : il est tapissé d’argile fraîchement déposée. Je suis le dernier, je prends mon temps.

Le retour se fait avec un déviation par le gîte de Laurent qui accueille le stage rencontré : plein de personnages sympathiques : moniteur, jeunes, amis- récit par une des acteurs d’expé en Patagonie… projection des photos récentes. Un volumineux cuisinier tout sourire, sert l’apéro avec une spécialité fort goûteuse… On s’arrache : sur le retour un chevreuil nous tient compagnie un moment…

TPST : 7h – le lendemain, j’avais un peu les jambes lourdes. Faut dire qu’en tout on a fait de l’ordre de 4km et de multiples contorsions, montées, descentes…