Sortie à la grotte du Stade (ou le Gros Cavat*) 29 sept 2010 : Participants : Henri Graffion, Adrien Gaubert, Maurice Rouard

nota ; j’écris « sortie » par un vieux réflexe, et aussitôt la contradiction apparaît, puisque nous allons « entrer » sous terre. Mais finalement hormis la lumière et la proximité des parois, y a-t-il tellement de différence entre l’intérieur et l’extérieur ? Est-ce que l’on passe une porte ? Bon, le décor change beaucoup et la mobilisation corporelle est très différente ; alors, qu’en est-il en fait de cette expérience singulière à la grotte du Stade ou Gros Cavat ?

Munis du plan et des quelques lignes de description nous nous retrouvons vers 10h au pied de l’escarpement de l’entrée la plus vaste : elle se termine en cheminée-chatière peu engageante puisque il faudrait basculer tête première pour redescendre sur une autre chatière plus étroite ; et pour l’autre entrée « je ne l’ai pas trouvée » ; elle est où ? à 30 m maximum… Mais le plan n’est pas orienté et l’autre entrée non décrite, car « non explorée » dit le bulletin GSBM n°7. Je croyais être à l’entrée en haut du plan : Adrien part en explorations dans la dense végétation malgré mon exclamation « mais je ne l’ai pas trouvée ! ». Il revient : j’ai trouvé l’entrée ! Ah oui au ras du sol ? C’est peu engageant, il insiste : regarde le plan, la cheminée est là, non c’est bien l’autre entrée, d’ailleurs il y a le courant d’air ! Ah le courant d’air ! Mot magique qui rallume l’œil du spéléo le plus blasé… Persuadé qu’après l’entrée surbaissée, les galeries se redresseront, nos 3 compères s’enquillent dans le passage, Maurice en tête ; d’ailleurs qu’il faut garder baissée, ils rampent, un peu désappointés. Carrefour qui confirme la lecture du plan par Adrien. Rapide visite, ça descend nettement puis après un coude, hop des racines. Retour à la « galerie » (au Ventoux on appellerait cela une galerie, là c’est un long passage exigu -non, c’est une méchanceté gratuite qui fait injure aux centaines de bacs de cailloux que j’y ai trimballé –et c’est pas fini !). Mince (qu’il vaut mieux être) ! 

Cela reste bas, on est à peu près à 4 pattes, cela monte légèrement, toujours l’air sur le nez (15°C dit le thermomètre pour à peu près 20°C dehors) et puis il faut ramper, non, mais : Adrien dit que ça queute au bout ; j’y mets mon nez ; ah mais à gauche, ça s’élargit, mais je n’arrive pas à avancer, c’est une chatière, en plus en chicane. Je creuse à bout de bras dans le remplissage meuble et repousse les déblais derrière moi : la vraie taupe ! se moque Henri qui patiente… Relais c’est Henri qui s’y colle, pendant que nous discutons avec Adrien de la météo et des JNS pour dimanche, le Ventoux risque en effet d’être humide… Henri nous hèle : venez voir, moi je n’y vais pas le premier ! Il a fait du beau travail, ça passe à l’aise... las, assis derrière le passage dégagé, je contemple le nouveau passage bas devant moi : re-taupe puis je peux m’avancer, toujours remontant toujours 4 pattes ou rampé, toujours l’air dans la figure. Arrivée dans un élargissement : un petit monticule de concrétions claires trône au milieu de la salle (basse). Ça part en haut et en bas ; Henri s’inquiète : on devra pas ressortir par où on est entrés ? Pas de réponse, on n’en sait rien ! Faut dire que son expérience en la matière est limitée, en contorsions comme il dit.

Séance photo. Puis tandis qu’Henri explore un diverticule, Adrien est allé visiter le bas : on se regroupe, par où ? Ce sera le haut : talus d’argile, au sommet une boîte aux lettres, mais on est du côté intérieur ; Adrien passe sans difficulté, puis je peine à m’insérer, Ah ça y est j’ai réussi à replier les jambes, ouf, quel effort, je ruisselle ! Quelques coups de talon pour dégager du remplissage pour Henri, le plus épais du buste. Nouvelle salle perchée avec recoins ; un laminoir avec irrégularités rocheuses se présente, qui se termine en petite désescalade, dernière salle, car à l‘étonnement d’Henri, Adrien reconnaît le bas de la chatière de l’autre entrée : mais comment tu le sais ? ah oui, l’habitude... Remontée dans la chatière entr’aperçue depuis le haut, ça passe un peu juste, puis sommet de la cheminée : comment négocier de l’horizontal étroit à du vertical étroit ? On verra tout à l’heure. Quelques coups de massettes plus tard, ça passe mieux. Bon ; et les siphons, les jolis gours ? Pendant que je grattais les parois de la chatière, les 2 autres sont allés visiter une galerie latérale : il est là ton siphon, mais il est sec, il y a les traces de niveau d’eau ; Adrien fait les présentations : là tu peux descendre l’espèce de pente en mondmilch puis continuer en oppo (étroite) après au bout tu peux descendre sur le siphon, 15 m en tout. Je me contente de le regarder d’en haut, du sable… Retour. Oppo, puis la remontée entre une paroi régulière et la pente de mondmilch (passage plus long que large : bref encore étroit) s’avère éprouvante bien que courte, sous les commentaires des copains : ça glisse, hein !

L’autre siphon ? il faudrait revenir à la première salle. Bon, pendant qu’Henri patientera, Adrien et moi partons, re-laminoir, re-boîte aux lettres…la galerie basse l’est aussi avec les traces de creusement ancien, sable, ça descend et sa se chatiérise, dernier obstacle derrière c’est plus grand, un peu coincé aux épaules je glisse un œil : un talus argile ou sable, au dessus de moi une haute cheminée contournée comme à l’entrée… l’air frais me dégringole de là ; il faudrait dégager du sable pour faciliter la passage ; mon CPE, coefficient pondérateur d’émotions est au plus bas ; j’aime pas, j’annonce à Adrien qui me suit. On est au seuil de la fameuse salle aux gours successifs, semble-t-il, mais nous n’irons pas plus loin : marche arrière puis retournement dans un renfoncement bienvenu ; tiens ça monte, je n’avais pas remarqué que ça descendait, le passage heureusement en sable n’est pas très rugueux mais pas très gros non plus, retour boîte aux lettres, ça va, laminoir, ça va encore. Jonction avec Henri qui a calibré le passage. Décision de sortie : on envoie Adrien en premier pour qu’il teste la manœuvre ; la tête en avant ça monte puis en haut, peux-t-on faire une retourné pour s’engager avec les pieds ? En fait plus ou moins aisément chacun réussit à s’extraire du conduit et nous nous rétablissons dans la salle éclairée par le soleil.

Dehors nous rencontrons le propriétaire de la maison voisine qui s’avère être un ancien collègue de travail ; bavardage, c’est lui qui nous indique le nom de « Gros Cavat » et nous trace, sur une carte improvisée, l’emplacement d’autres cavités ; Henri, le plus autochtone de nous 3, écoute avec attention.

Ce M. Presson nous raconte qu’en 2003, lors de grande crue du Rhône, les nappes locales se sont chargées et que l’entrée basse fonctionnait en exsurgence.

Il est sûr que les parties profondes de cette cavité doivent s’ennoyer après les pluies… Actuellement l’air circule de l’entrée haute (qui aspire) à l’entrée basse (qui souffle) ; le courant d’air du point le plus loin est sans beaucoup de doute le même : il passe par des conduits annexes.

Nous nous séparons, nous avons passé 4 h sous terre dont une bonne partie à divers dégagements ; Avec Adrien nous repartons plein sud. Henri quant à lui, retourne à son chantier de maison, puis va « prospecter » sur les flancs des collines Au moins 2 entrées méritent le détour.

L’exploration n’est pas terminée sur ce massif Vénéjan – St Etienne des Sorts ; on continuera à aller voir et topoter.


29/09/10 - M. Rouard