Maurice Rouard avec Frédéric Chauvin GSC (alias Fred, alias la taupe du Ventoux).

Départ le vendredi avant 16h de la vallée du Rhône, arrivée un peu après 18h sur Carcassonne ; quelques errements plus tard et une jonction de pilotage téléphonique, nous rejoignons Christophe Bès et Madé. Accueil familial et attentif : on apérote au muscat en dégustant les biscuits préparés 3h avant par Anne-Marie.

Coucher pas trop tard, demain sera une longue journée : les Bès nous laissent, ils ont un repas en ville…

Madé finit sa semaine de travail en se levant le lendemain à 5h30, pour nous ce sera plutôt 8h30… enfin une heure plus tard nous partons donc à 3 faire la visite dite « pépère » du Trou des vents d’Anges avec le privilège de l’accompagnement de Maître BES dont c’est à peu près la centième descente dans la cavité. Dommage : personne n’avait d’appareil photo.

On est allé repérer l’entrée de la Perte du Ruisseau de Castanviels, au cas où…

Trou des Vents d’Anges, samedi 18 septembre 2010

Tout le contexte géologique et structural est décrit dans un article du même Christophe dans le récent ouvrage des « Karsts de France », intitulé : « les karts du versant sud de la montagne Noire », page 320-321. Nous en retiendrons que la cavité se développe dans un calcaire primaire, du Dévonien, environ 340 millions d’années… Au contact schistes – calcaires, différents écoulements s’enfouissent sous terre et des soutirages ensevelissent des composants de surface que nous retrouverons à différents niveaux.

La végétation témoigne de ces mélanges avec, dans le vallon du TVA, des hêtres, frênes et surtout châtaigniers, dont un énorme à la jonction des vallons…

Que dire de la cavité ?

Il faut rappeler 

qu’il est nécessaire de récupérer la clé de la porte (protection sans empêchement d’exploration) auprès du Spéléo Corbières Minervois et se munir d’une clé de 13 : pour nous c’était fourni avec Christophe ;

Aspects spéléo d’abord : on rentre tout équipé mais on abandonne le baudrier à -190 m ; en effet l’équipement nécessaire totalise une centaine de mètres de cordes pour une quarantaine de mètres de puits dont le plus haut mesure 15 m, le reste se répartissant en diverses mains courantes et divers bouts de corde dans le chaos. En fait donc il y a surtout beaucoup de crapahut en particulier dans le chaos à partir de la salle du sable -250. Jusqu’au fond où nous sommes allés, -344, le cumul des dénivelés avoisine 400 m pour environ 1,8 km de cheminement. De l’aveu même de Christophe il n’y a pas vraiment d’endroit où on peut déambuler les mains dans les poches ; autant dire que c’est un trou physique. Le cheminement principal est balisé par des catadioptres qui scintillent ; de l’un on doit voir l’autre, ce qui ne m’a pas empêché à la remontée de m’enquiller avec le baudrier dans l’étroiture du départ de l’affluent des Bains Douches ; un gros effort d’extraction : en fait, il fallait redescendre ! Ou mieux regarder…

Ce que nous avons vu et apprécié ; les sympathiques méandres ave ruisseaux, dont le final avec ses grandes hauteurs et son lit de cailloutis multicolore, les parois brunes, les pseudo-galets verts, argenté de micas, quartz, des calcaires noirs ou blancs mat, des blocs rouges… , la profusion du concrétionnement, hélas trop proches parfois et trop fragiles, les massifs d’aiguilles d’aragonite, le cimetière des aragonites où le dépôt est trop lourd pour le support, et les générations successives, la « fleur de calcite » ; les blocs que l’on peut confondre avec une paroi ; grandes coulées blanches, le « gour tranché », les perles de cavernes et les fameux « bâtons de gour » d’origine bactérienne, la station de lavage pour les gestes imprudents de visiteurs distraits se laissant poser une main terreuse sur une coulée ; le grand chaos ménage un cheminement impressionnant de zigzags et désescalades multiples. Nous avons réalisé la boucle de la salle du CPE (coefficient pondérateur émotionnel) par l’affluent de la Ramasse, salle du Crès (et ses draperies aux basses profondes quand Christophe les sonne) ; une remontée de blocs, d’escalades, de pierriers sur 150 m de dénivelée jusqu’à un passage de mauvaises pierrailles -la prise de pied utilisée par Fred et Chris qui s’effondre sous mon poids…, et la jonction CPE via une étroiture remontante, courte mais physique. En effet il y a quelques passages vraiment étroits et presque étroits : un passage qu’on peut franchir à l’égyptienne n’est pas réputé étroit. Le gouffre s’ouvrant à moins de 700 m d’altitude, il n’y fait pas froid et les efforts de la remontée produisent pas mal de calories.

Ressortie vers 19h, tpst 8h.

On se refait le stock de vitamines sur les mûres du bord du chemin, puis on va voir si les copains sont toujours à la « Condamine », autre chantier de désobstruction ; le volume de déblais visibles est impressionnant, formant un mur d’une dizaine de mètres répartis de part et d’autre de l’entrée, sans compter le talus sous le chemin et ce qu’ils ont fait dégringoler dans la cavité…

 

Retour Carca, douche puis repas copieux avec tout le monde (Stoche, Madé, Fred et MR), nuit reposante ; concertation le dimanche : que fait-on, de la spéléo ? quelques tiraillements dans les muscles nous incitent à la prudence dans le cumul. Ce sera d’abord tourisme, puisque c’est encore la journée du patrimoine : Christophe, qui part de son côté avec Madé, nous oriente vers Lastours aux multiples châteaux perchés. Visite du musée et déambulations : plus de 2 h, ça monte pas mal et d’un point à un autre, le dénivelé est significatif, mais là au moins il n’y a pas d’étroitures !

Pique-nique en forêt avec le concert des trompes de chasseurs rappelant leurs chiens ; et si on allait voir le chantier de la Conda ? c’est décidé, on n’est pas très loin. Un véhicule est bien là à l’entrée, nous saurons que c’est Alain et Michel. Il faut utiliser le baudrier, remettre les vêtement pas vraiment ni secs ni propres de la veille, léger fumet de renard quoique suffisamment discret… Excellent rocher, fracture d’abord inclinée puis c’est vertical il faut passer à la corde en place la corde, descente de plus en plus étroite ; on se croise avec les désobeurs sur un étroit palier artificiel ; la descente continue jusqu’en dessous de la coulée stalagmitique (photo de la veille de Marie sur le blog) ; c’est vraiment « estrech » bien que large, une sorte de MV13, mais vertical. Le rétrécissement dure un peu, dessous c’est noir… Fred me remplace mais ne va pas plus bas. Le bloqueur de pied est particulièrement utile, la remontée n’est pas très rapide ; Michel nous mime dehors les contorsions qu’il a dû effectuer au point extrême atteint avec le descendeur en bout de longe pour passer en position montée…

C’est prometteur et la qualité du rocher engageante ; Fred jauge avec une gourmandise de connaisseur les travaux restants et la possibilité d’utiliser les cartouches…. Courte discussion technique. Finalement nous nous séparons ; il est 17h passés, nous reprenons le chemin du retour, joignant Narbonne par les départementales ; St Victor il est 20h…. Le temps d’une tisane, Fred repart pour Monteux…. En oubliant tout son matos dans le jardin, que je découvre le lundi ! Serions-nous un peu fatigués ?

Excellent sortie, cavité extra, ambiance top….

Maurice