Avec : Fred, Maurice, Patrick, Jacques.

Après 3 ans(pour ma part), la Combe de Fonfiole est toujours la même, à 1ère vue ! Pourtant, si je regardais plus en détail, je trouverais bien des changements à ce lieu grandiose, car dans le monde phénoménal tout change sans cesse. Cette affirmation sera confirmée par l’observation(parfois poussée, je le reconnais) !

Un temps splendide nous accompagne, les 1500mètres ne changent pas vraiment la température extérieure de 25°C.

(11h20)A l’intérieur, c’est tout autre ! 4,7° s’échappent de l’orifice d’entrée et viennent chatouiller mon visage en donnant ainsi l’information à tout mon corps qu’une adaptation est nécessaire face à ce changement de température.

Fred passe devant avec son bidon transformé en kit car ça glisse mieux. Je laisse la faible, mais effective pente(-80 au fond), m’entrainer derrière lui en poussant mon petit sac devant moi. Maurice me suit sans bagage et Patrick le suit.

Dans la 1ère « grande salle », où s’ouvre une arrivée parallèle au boyau d’accès, nous faisons une pause pour échanger qlq avis sur la connaissance de soi, que chacun peut arriver à acquérir en s’observant un peu(et pas seulement extérieurement).

Fred nous dis que nous allons passer la 2ème étroiture de la cavité. Cette information se change en 

: « nous arrivons à la 2ème série de passages étroits », par Maurice qui n’en a, apparemment, pas la même perception ! Donc, je peux dire, et pas le 1er, que dans ce monde du phénoménal, tout est relatif, ou du moins, que chacun de nous, dans un 1er temps(qui souvent s’arrête là), exprime l’impression subjective de sa réalité !

Dans cette partie du cheminement, qui se rétrécie par rapport aux 1ers mètres, Maurice essaie de guider Patrick, qui aurait perdu de ses « reflexes » liés à une pratique régulière de notre activité particulièrement « dérouillante ».

Dans une « bulle » d’espace vide, nous pouvons nous regrouper et faire une autre pause avant de pénétrer dans le passage qui constituait le « final » de la sortie où je suis venu du 18 janvier 2007.

 

Chaque élargissement naturel est vite rempli par des « constructions » de murs de blocs issus des tirs de cartouches. Un peu d’ordre dans ce chaos naturel, dans lequel l’être humain spéléo essai d’avancer, nous permet d’optimiser au mieux l’espace tant recherché dans ce trou. En fait, c’est une sorte de « vase communiquant » : nous rangeons ce qui gênait la progression dans des espaces non occupés, les rétrécissant eux-mêmes au final, mais ré-ouvrant ainsi un phénomène karstique s’étant comblé !

Nous voyons là le travail acharné, commencé voilà une douzaine d’années et alimenté par la motivation sans faille de la « taupe du Ventoux » alias, Frédérique Chauvin, accompagné de ceux et celles qu’il arrive à persuadé du bien fondé de continuer à creuser dans cette fichue montagne toute éboulée sur elle-même !

La recherche d’un espèce « d’idéal », où tout serait ouvert, spacieux, sans barrage, sans limite, comme une voie qui mènerait directement à « la source », ne serait-elle pas à l’origine de cette démarche fantastique et hors du cadre « normal » des activités du commun des mortels ? Qu’en penses-tu ?

 

Le lieu à changé depuis ma dernière venue : la voie est ouverte ! Un conduit d’une quinzaine de mètres, où se présentent des rétrécissements encore coriaces, donne sur un élargissement aux parois partiellement calcifiées type diaclase. Puis, vient une « ambiance » de méandre, façonné par les agissements flagrants de l’eau : cours de gouges appuyés, petites marmites bien arrondies.

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C’est aussi la vision d’un morceau d’ammonite qui devait bien faire entre 40 et 50 cm. de diamètre qui m’accueille dans cette partie où il est possible de cheminer debout et sans toucher les deux parois sur une trentaine de mètres !

 

Dans cette dernière portion « d’exercice de contorsion », Patrick se coince les 2 bras devant et appelle Maurice qui tente de le guider dans cette avancée compromise. Il décide de s’arrêter là et de reculer jusqu’à la « bulle » de départ.

Maurice vient nous rejoindre, après avoir fait passer judicieusement son corps élancé dans ce lacet minéral étroit. Faisant abstraction de ce que son mental perturbateur lui ferait passer, il vient voir ce « morceau » du trou si « vaste » et où l’on peut cheminer sans encombre.

Il voulait se rendre compte que ce qu’il avait entendu était vrai et aussi comment et sur quoi se terminait la progression

Après avoir grignoté quelques fruits secs, il rejoint Patrick et ils ressortiront sans précipitation au grand jour.

 

Dés mon arrivée, je constate l’ampleur des travaux déjà effectués : un mur d’au moins 3 mètres de haut a été élevé sur la gauche, avec des blocs gris foncés fraîchement découpés aux arrêtes vives. Je m’enfile dans le tube à forte pente sur une dizaine de mètres et ouvert au gabarit régulier de 50x50cm. Je suis surpris de me trouver face à l’obstruction quasi-totale de la suite. Un petit triangle de 4cm. De côté me laisse voir un peu d’espace noir et un courant d’air continu me souffle la figure. Je remonte.

Fred se muni de sa perfo, sa boîte de cartouche, ses chambres à air amortisseuses et se laisse glisser vers le fond, pendant que j’attrape un peu de nourriture et de l’eau.

En partant il me dit : « tu as 20 minutes, le temps que je perce un trou et fasse un tir et ensuite tu pourra commencer à tirer des « demis-bidons ».

En mangeant, j’entends des coups de massettes pour préparer le perçage puis le bruit de la machine qui fore le trou de 8mm.

Le tir effectué, Fred rempli le 1er « chariot glissant » et il me demande de tirer sur la corde qui le relie à moi. Ça coince, où je ne tire pas assez fort ? Fred aide le chariot à se mettre dans la bonne position et réunissant toutes mes forces, j’avale la corde avec effort.

Je commence à construire le mur de droite. Après une quinzaine de manœuvres de la sorte, le mur a déjà atteint le mètre, comme l’avancée de Fred !

16h00, nous arrêtons là le « chantier » pour cette fois-ci. Les affaires sont rentrées, moi dans mon sac et Fred dans son bidon.

Dans le retour, nous nous arrêtons de temps en temps pour souffler un peu et discuter. Nous faisons qlq arrangements par endroits et Fred fera un tir de « confort » juste avant la « grande salle ». Il me dit qu’il va revenir faire des agrandissements là où certains « s’accrochent ».

C’est vrai que si le trou continu son développement(ou plutôt si Fred souhaite continuer à le développer), il vaut mieux que le parcours depuis l’entrée jusque là où cela en est, soit le plus « fluide » possible si Fred veut que « certains/es » l’accompagne !

 

17h30, nous débouchons de ce conduit « presque artificiel » dans la paroi de la combe de Fonfiole. Fred est déjà sur le sentier allant vers les sacs quand j’aperçois la vastitude du dehors, le ciel, l’énorme éboulis, les falaises, la forêt, l’horizon. Quel contraste ! Je fais qlq photos.

Je rejoins le reste du groupe. Maurice et Patrick se changent juste ! Ils sont sortis peu avant nous car ils étaient allés faire un tour dans « l’amont », l’arrivée dans la « grande salle ».

Nous constatons qu’un « lutinmalinkokin », un de nos confrères, a dû passer par là car nous trouvons des cailloux, sur ou dans nos sacs, et pour ma part, mes chaussures attachées avec un caillou dans l’une d’elles !!! Fred suppose que ce serait Daniel Penez.

Qui sait vraiment ? …

 


 

MV 13 - 5 septembre 2010

Patrick Jouffret, Frédéric Chauvin, Jacques Sanna, Maurice Rouard.


Quelques mots en complément du CR de Jacques.


C’est vrai que l’ampleur des paysages extérieurs et l’exiguïté des passages intérieurs offrent un grand contraste ; en plus il faisait un grand beau temps et d’aucun a émis brièvement l’hypothèse que c’était adéquat pour aller plutôt prospecter ! Mais enfin on était venu dans des conditions connues participer à la longue (12 ou 13 ans?) aventure du MV 13. Et chaque passage, depuis l’entrée, nous remémorait les multiples épisodes successifs : « Tiens là au début on tenait debout et depuis on y a mis des cailloux ! », ou bien à un endroit qui ressemble à un carrefour : « À bé derrière le tas de cailloux, il y a une galerie, j’y ai passé quelques heures une nuit à entasser des cailloux : de nuit parce que nous étions sûrs de passer et qu’il fallait que les différents équipiers soient là ! ». Et les sorties à 3h du matin ou avec la neige… A force ça fait long, Et connaissant d’autres cavités plus vastes on s’aère la tête par exemple au Souffleur, pas dans l’amont de l’Ankou ; à ce propos, pour les quelques 300 m de rugosités à parcourir certains avaient prudemment revêtu leur même équipement, « épaules – coudes – genoux » ; Fred pour sa part les a explosés d’être trop souvent venu et Patrick qui n’en avait pas, a compté ses bleus à la sortie ! Donc arrivés à la « dernière série d’étroitures », mise en condition intérieure pour optimiser l’avancée vers l’aval en sachant que dans l’autre sens il faudra remonter la pente. On discute tout en bas sur les aménagements dits de « confort » nécessaires… La relativité notée par Jacques s’applique ici à la notion de confort : il s’agit juste de permettre aux plus volumineux ou moins « élancés » d’aller jusqu’au fond sans hésiter ou forcer inutilement, afin de pouvoir tirer des bacs et ranger les cailloux ! Pour ma part je plaide pour 3 élargissements…

Patrick quant à lui, a décidé d’arrêter les frais dans le dernier étroit. Vu les températures et le courant d’air il n’est pas question d’attendre sans bouger : Fred est prêt à l’accompagner jusqu’a la salle et revenir ; ce n’est pas raisonnable, il va juste lui faire passer son pull et je décide de remonter jusqu’à l’entrée avec lui, chacun encourageant l’autre, dégageant ça et là quelques cailloux pointus ; parvenus à la salle du carrefour avec l’amont, pause amandes. Puis nous nous enfilons dans le méandre affluent, qui, s’il est haut, est souvent étroit : nous forçons pour nous hisser dans les passages remontants successifs encombrés de blocs : je reconnais bien certains passages, mais je ne vois plus les deux lucarnes que j’avais repérées – mais il y a combien de temps ? Au moins 5 ans sinon plus – Trahison de la mémoire ou illusion ; nous passons sous le puits remontant toujours équipé : beau volume, belles formes d’érosion. Carrefour, à gauche dernière longueur, hissage difficile ; Patrick s’arrête là, essayant à mains nues de dégager le passage et mettre une marche : je n’aime pas trop la manœuvre, je suis du mauvais côté si tout se mettait à bouger ! Enfin j’arrive à l’étroiture qui m’avait arrêtée « l’autre fois ». Avec un bloc j’arrive à casser une pointe mais ça ne suffit pas, il me faut passer par-dessus, sur un gros bloc glissant, et je redescends dans une jolie portion, vrai méandre, 0,5 m de large, petits cailloux au sol, belle hauteur, ça c’est du confort ! Mais quelques mètres plus loin, double virage resserré. Je ne tente pas d’aller plus loin qu’un coup d’œil… Il paraît que cela se resserre, trop même pour Fred, mais « au-delà j’ai vu que cela s’élargissait à nouveau ! » ajouta-t-il… Je me méfie de ses appréciations du « large ».

Nous reprenons le chemin de la salle avec quelques difficultés de descente : Patrick se déchaîne dans le passage le plus caillouteux, déménageant de gros blocs : je me cale un peu plus haut pour éviter ce qu’il fait dégringoler….

A noter : le courant d’air dans cet amont a fluctué de soufflant vers le haut à aspirant depuis le haut, vitesse plus faible, mais le volume est plus grand que la plupart des autres passages…

Tout le temps où nous étions dans l’amont nous entendions des grondements qui nous arrivaient assourdis depuis le fond à près d’une centaine de mètre plus loin, c’était impressionnant, il semble que la fracture visible conduise les bruits de raclement du bac de cailloux…