Vendredi 21/05

17h30, départ d’Avignon. Aurore et moi faisons le listing des affaires emportées : c’est bon, nous ne manquerons pas de nourriture, d’eau , le PQ?… oui je l’ai pris, parfait ! Et la tente ? Ah, non ! Je l’ai laissée sur place !

La perspective d’une nuit à la belle sur le plateau, en compagnie d’éventuels sangliers, chevreuils…avec réveil humide de par la rosée du matin nous refroidit quelque peu…

Qui en aurait une ? Cyril ? injoignable…

Peut-être Gérard et Dominique ? Au pire on leur piquera une bâche. On continue.

Et le miracle se produit ! En plus d’un matériel de prêt spéléo, des outils pour la désob, une magnifique tente nous est prêtée. Petit apéro partagé, avant de prendre la route; boire ou conduire, il faut choisir. Sinon on en renverse...

Reste à retrouver le trou, et, malgré de superbes explications, nous choisissons la démarche scientifique par excellence, de l’essai et de l’erreur, qui s’avère alors payante à la deuxième tentative.

Une fois la tente installée, petit repas dans ce coin sauvage accompagnés par les chants, cris et autres sonorités dans l’obscure clarté d’une magnifique journée printanière sur le déclin, en période de lune montante.

Puis vient le moment de se mettre à l’ouvrage.

Deux bougies installées dans la glaise, le travail fait précédemment est constaté : ils ont élargi le bas de la cavité et commencé à évacuer la trémie.

A nous : ¼ de m3 plus tard, c’est l’heure de se coucher.

Bilan : 1 doigt écrasé, des articulations mises à l’épreuve et une énorme frayeur de ma part ; le bruit de mon casque contre le rocher me fait croire à un bruit non identifié à l’extérieur. Je revis mes premières terreurs nocturnes enfantines – Non, ce n’est pas drôle –

Réveil en douceur, et pendant qu’Aurore prolonge sa nuit, je me sers un café avant de continuer ; la ferveur désobstruante me reprend, comme une drogue – Blocs, vides, blocs, remplissages. Le schéma se reproduit, mais à chaque fois l’espoir de lever « le bloc » retient ma détermination.

C’est midi, aurore se lève. Normal. Elle n’a jamais assumé son prénom.

Un autre café, une autre plongée dans les entrailles de la terre (« promis, je remonte », « 3 seaux et on s’en va ») ; et nous décidons d’aller faire un tour au Congrès à Sault.

Mais Cyril, Sarah et Léon nous rejoignent : c’est l’occasion de partager un petit pique nique improvisé sous les arbres.

Puis nos chemins se séparent.

Adieu l’aven ! on l’aimait bien…