1.  TOPONYMIE

    Du nom du vallon. Valescure signifiant "la vallée obscure".

2.  SITUATION  -  ACCES

Saumane-de-Vaucluse. Vaucluse.

Carte :  Carpentras 3141 Ouest
    X = 824,69     Y = 186,38    Z = 415 m

    N.B. : La cavité est pointée du mauvais coté du vallon sur les cartes de l'IGN.

    Deux accès possibles :
    1.) A Fontaine-de-Vaucluse, prendre la route qui monte derrière la mairie (GR 91). Au bout de 2 km, dans un virage à gauche très accentué, prendre la piste carrossable menant à la ferme de Valescure. Contourner le bâtiment en ruine et poursuivre le chemin jusqu'à une carrière de gravier. Remonter alors le vallon qui part à gauche, direction nord, sur environ 300 m, jusqu'à une petite clairière. Gravir le pierrier sur la droite. L'aven s'ouvre au sommet de ce pierrier, au pied d'une barre rocheuse.
    N. B. :  Cet itinéraire qui emprunte la piste DFCI n° 6 (piste forestière pour la lutte contre les incendies) n'est pas praticable du 15 mai au 15 septembre, celle-ci étant fermée.

    2.) De Fontaine-de-Vaucluse, prendre la direction de Saumane. 2 km avant le village, au croisement d'une route venant de l'Isle-sur-Sorgue, emprunter le chemin goudronné qui monte à droite. Prendre le deuxième chemin partant sur la droite (700 m du croisement) et traverser la combe de Bérenguier. A la première intersection, prendre sur la gauche, passer derrière la ferme des Fayardes et redescendre vers la DFCI n° 6 qui vient de Fontaine-de-Vaucluse d'où l'on rejoint (côté gauche) la ferme de Valescure.

3. DESCRIPTION

Dénivelé : 28 m (+5 m ; -23 m).

Topographie : R. FRADIN, A. BUNIAK, G. CHECHLOWSKI le 12 avril 1981.

    Les deux porches d'entrée donnent sur une remarquable galerie horizontale de 3 m de diamètre de type conduite forcée. Un ressaut de 3 m, suivi d'un plan incliné à 45 ° et d'une dernière verticale, amène au point bas de la cavité.
    Dans la partie descendante, une cheminée latérale constitue l'accès au réseau supérieur. Défendu par une étroiture celui-ci est constitué d'un ensemble de petites conduites forcées recoupant une modeste salle et se terminant sur des colmatages calcifiés.

4. GEOLOGIE  - FAUNE

    L'aven s'ouvre à la limite du Barémien et du Bédoulien, au croisement de deux failles. C'est une ancienne conduite forcée colmatée. On y relève d'intéressants remplissages argileux calcifiés (varve).

    Une petite colonie de  chauve-souris  Rhinolophe Fer à Cheval y a été observée hibernant. Celle-ci a disparu en 1974.

    Des fouilles paléontologiques sous la direction de Madame CREGUT-BONHOURE du Muséum d'Histoire Naturelle d'Avignon, ont permis de dégager deux ensembles fauniques différents au sein du remplissage  :
        1)  Une faune pléistocène : datée de -35 000 ans environ (Würm II).
A côté de carnivores encore communs de nos jours en France (renard), le gisement a livré les restes d'espèces vivant en régions froides (glouton), en voie de disparition (loup, lynx) et même éteintes depuis 10 000 ans (lion des cavernes, ours des cavernes, hyène des cavernes). La grotte était probablement un repaire de grands prédateurs. L'ours des cavernes devait y hiberner, l'hyène des cavernes occupant cette même cavité dès que ce dernier s'en absentait. Les grands herbivores sont mal représentés dans cette faune, seuls des restes du bouquetin, du cerf élaphe, du sanglier, ont été retrouvés. La présence du glouton et du bouquetin, permet d'envisager un climat froid mais sans doute moins rigoureux que celui qui sévit actuellement au nord de l'Europe, car cerf élaphe, sanglier, marmotte, indiquent la présence d'un couvert végétal assez développé. L'homme ne semble pas avoir occupé le site d'une manière permanente.

        2) Une faune holocène : 0 à -10 000 ans
Essentiellement constituée par les restes de lapin, mouton, boeuf et cheval pour les herbivores, et de loup, lynx, chat sauvage  pour les carnivores.

5. HYDROLOGIE - CLIMATOLOGIE

    On dénote la présence de nombreuses coupoles et anastomoses caractéristiques d'un creusement en régime noyé. C'est sans doute un ancien exutoire fossile de la fontaine de Vaucluse, témoin probable d'une sortie des eaux plus élevée dans le passé.
    On observe un très léger courant d'air dans le réseau supérieur provenant sans doute de communications impénétrables avec la surface.
    Température intérieure de 16°C pour une température extérieure de 21°C, relevée le 23 juin 1984, à 11 h, par R. FRADIN.

6. HISTORIQUE DES EXPLORATIONS

    Etant donné les dimensions des entrées, la cavité doit être connue depuis fort longtemps par les habitants. Les fouilles archéologiques n'ont cependant pas confirmé l'existence d'un habitat permanent préhistorique, malgré la découverte de traces de foyers et quelques débris osseux carbonisés. L'absence de point d'eau à proximité en est peut être la cause. Lors de la visite de la cavité en 1941, R. DE JOLY observe les restes d'un ancien étayage dans l'éboulis terminal, qu'il attribue à une exploitation de phosphates. En 1954, le groupe spéléo d'Apt et la Société spéléologique de Fontaine-de-Vaucluse explorent l'aven, profond de 15 m. J. MARTY trouve une chatière et force le passage qui mène aux salles terminales. Par la suite le Groupe spéléologique de Carpentras découvre la galerie supérieure et s'attaque à la désobstruction du conduit principal. Ne sortant pas les déblais à l'extérieur, il abandonne rapidement. En 1978, la Société spéléologique de Fontaine-de-Vaucluse reprend les travaux. Les spéléologues installent dans la cavité un rail équipé de wagonnets, ce qui permet d'extraire les matériaux de l'éboulis et de les ramener en surface. Après la découverte d'ossements d'animaux, le Muséum d'histoire naturelle d'Avignon est alerté et des fouilles méthodiques permettent de sauver ce qui n'a pas été détruit par les pillards ou les précédentes désobstructions. Après une trentaine de séances de désobstruction, ayant extrait 1258 wagonnets de déblais représentant environ 250 m3, la Société spéléologique de Fontaine-de-Vaucluse suspend ses travaux en avril 1985. Ces travaux ont permis de déblayer la grande galerie, atteindre -24 m, de court-circuiter la chatière Marty et d'accéder plus facilement aux salles terminales.

7. BIBLIOGRAPHIE

    - DE JOLY R., 1943, Spélunca, n° 10, p. 135.
    - GAGNIERE S. et GERMAND L., Rhodania, n° 1615.
    - Fiche B.R.G.M., n° 152 (941.6.30).
    - A.A., 1954, bull. du CNS, n° 1, p. 21.
    - JEAN R., 1961, p. 55, 79 et 112.
    - PENEZ A., 1970, p 33.
    - PAREIN R. et LANGUILLE A., 1981, p. 92, 398-400.
    - GAUCHON C. 1991.
    - COUTURAUD A., 1992, Spelunca, n° 45, p. 30.

Rédacteurs : BLF, RF.