Voici une petite bribe de méthode que j’utilise pour la prise de photographie numérique sous terre. Cet article ne se veut ni un inventaire complet, ni  une manière unique de voir les choses, mais plutôt comme une grosse confiture d’astuces que j’utilise en photo spéléo.

Pour se dépatouiller du charabia qui va suivre, il vous faut un minimum de connaissances en  photo. Notamment connaître les histoires de couple Vitesse/Diaphragmes et de sensibilités de la pellicule (oh pardon du capteur). Mais je vais essayer de ne pas trop m’étaler sur les termes techniques et  m’efforcer d’être le plus simple possible.

Alors, d’abord le matériel : personnellement j’utilise un NIKON Coolpix 8700 acheté d’occasion pour 160 euros sur Ebay (je sais, ce n’est pas donné)et parfois mon compact (un pentax optio w30). Il me permet la pose B ou T, c'est-à-dire de pouvoir prendre des photos sur pieds en pose longue.  Dans la majorité des cas  les poses que je prends se situent entre 8 secondes et 1 minute. Mais un compact 3 ou 4 millions de pixels, plus basic et surtout moins cher peut tout à fait faire l’affaire.

Pour la lumière souterraine, il n’y en a pas, donc nous allons mélanger Acéto et flashs. Je me sers de trois flashs à 5 euros (acheté sur Ebay également, sans vouloir faire de pub) d’un nombre guide compris entre 20 et 30. Ils sont petits, robustes et faciles à conditionner.

Le pied photo est fortement recommandé et permet la pose longue et une qualité supérieure des clichés. Cependant, il est vrai qu’il est  très encombrant dans le kit et il est permis de partir sans. Bon après, la prise des photos relève plus de la débrouille qu’autre chose. Dans ce cas on utilisera un rocher posé où il faut et assez stable. Nous pourons mettre le retardateur pour éviter de faire bouger l'appareil.

Pour la suite, un peu de technique et un sens de la composition de l’image suffiront. 

 

Prenons l’exemple d’une photo de galerie :

 

 D’abord, installons l’appareil sur le pied (ou sûr le rocher) à l’endroit de la prise de vue. Il vaut mieux avoir un Pré-réglage si l’A.P.N le permet, ex : « Manuel » iso=100, diaf 5.6, la vitesse en fonction de la photo. Je vous recommande de ne jamais dépasser 200 iso, car au-delà l’appareil fait du « Bruit » sur le cliché. Le bruit est l’équivalent numérique du grain argentique, mais en moins beau. Si l’appareil possède un réducteur de bruit, utilisez le ! Donc si nous voulons de la profondeur de champ (netteté) il faut privilégier un diaf fermé : de 5.6 à 11. Cela dit, va falloir de la lumière pour exposé correctement tout ça. Alors on compense la faible ouverture du diaf par une pause longue, ex : 4s.

Pour éviter la sensation de flou, il vaut mieux cacher la flamme des Acétos.

On dispose les porteurs de flash dans la galerie. Un petit flash en contre jour, caché par un spéléo, donne un côté « luisant » aux parois et ajoute un petite note bleuté à la photo (cf  les photos de Thierry Aubé).

Pour finir, nous allons prendre notre photo sans « cellule » de déclenchement, car nous n’en avons pas.

« Prêt ? » Vous prévenez les « flasheu(se)rs » que l’on va y aller, en leur disant qu’ils déclenchent leur Flash au bout d’un décompte de trois. « 1, 2, 3…Plashhh !!!!! » On attend 4 secondes sans bouger du tout. Les porteurs de flash peuvent déclencher plusieurs fois leur flash si nécessaire, d’ailleurs c’est fortement recommandé. Et hop ! C’est dans la boîte.

On ajustera la longueur de la pose et l’ouverture du diaf en fonction de la taille et du volume de la galerie. Cette méthode peut paraître un peu « rafistolage », ou « bricole », mais elle marche et est simple à comprendre. Elle a cependant une limite, celle du volume à photographier et celle de la puissance des flashs. Pour photographier « La Verna » faudra repasser.